Jésus est-il vraiment mort sur une croix ?

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Jésus est-il vraiment mort sur une croix ?

Message par PEPSI » lundi 31 mars 2014 18:21

Jésus est-il vraiment mort sur une croix ?

“ LA CROIX est le symbole le plus connu du christianisme ”, lit-on dans une encyclopédie. Nombre de peintures et autres œuvres d’art religieuses représentent Jésus cloué sur une croix. Pourquoi ce symbole est-il si répandu au sein de la chrétienté ? Jésus est-il vraiment mort sur une croix ?
Beaucoup citeraient la Bible pour étayer leur réponse. Par exemple, d’après la Bible de Jérusalem, au moment de l’exécution de Jésus, des observateurs l’ont raillé et l’ont défié ainsi : “ Descends de la croix ! ” (Matthieu 27:40, 42). Quantité d’autres versions emploient le même terme. La Bible en français courant dit de Simon de Cyrène : “ Les soldats l’obligèrent à porter la croix de Jésus. ” (Marc 15:21). Dans ces versets, “ croix ” rend le mot grec stauros. Cette traduction se justifie-t-elle réellement ? Que signifie le terme original ?
Était-ce une croix ?
Selon l’helléniste William Vine, stauros “ désigne fondamentalement ‘ un pieu ou un poteau vertical ’. On y clouait des malfaiteurs. Le nom comme le verbe stauroô, qui signifie ‘ fixer à un pieu ou à un poteau ’, sont à distinguer, quant à l’origine, de la ‘ croix ’ ecclésiastique composée de deux pièces de bois ”.
Le Dictionnaire encyclopédique de la Bible explique que le mot stauros “ signifie d’abord pieu (élément de palissade ou de fortification), pal (instrument de supplice employé par Assyriens, Perses, Carthaginois, Égyptiens), ou encore poteau auquel était attaché ou suspendu le supplicié jusqu’à ce que mort s’ensuivît* ”. Un autre ouvrage (Complément de l’encyclopédie moderne) précise que “ les Latins entendaient par le mot crux [d’où vient le mot “ croix ”] un poteau auquel on attachait les coupables, un véritable gibet* ”. Il n’est donc guère étonnant de lire dans le Dictionnaire de la Bible : “ À l’origine, la croix se composait seulement d’une potence ou pal vertical, terminé en pointe*. ”
Les rédacteurs bibliques ont employé un autre terme grec pour désigner l’instrument de l’exécution de Jésus : xulon. Un ouvrage de référence définit xulon comme “ une pièce de bois, un poteau de bois ”. Il ajoute que, comme stauros, xulon “ était simplement un pieu ou un poteau vertical sur lequel les Romains clouaient ceux dont on disait alors qu’ils étaient crucifiés ”. — A Critical Lexicon and Concordance to the English and Greek New Testament.
En accord avec cette explication, remarquons que la Bible à la Colombe rend ainsi Actes 5:30 : “ Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué en le pendant au bois [xulon]. ” D’autres versions, bien que rendant stauros par “ croix ”, traduisent elles aussi xulon par “ bois ”. En Actes 13:29, la Bible d’Ostervald dit concernant Jésus : “ Puis quand ils eurent accompli tout ce qui a été écrit de lui, on l’ôta du bois [xulon], et on le mit dans un sépulcre. ”
Compte tenu du sens premier des mots grec stauros et xulon, l’ouvrage cité plus haut (Critical Lexicon and Concordance) observe : “ Les deux termes ne concordent pas avec l’idée moderne d’une croix, à laquelle les tableaux nous ont habitués. ” Autrement dit, ce que les rédacteurs des Évangiles ont désigné par stauros n’avait rien à voir avec ce qu’on appelle aujourd’hui une croix. C’est donc à juste titre que Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau mettent l’expression “ poteau de supplice ” en Matthieu 27:40-42 et dans les autres occurrences où figure stauros. De même, la Complete Jewish Bible emploie l’expression “ poteau d’exécution ”.
L’origine de la croix
Si la Bible ne dit pas vraiment que Jésus a été mis à mort sur une croix, pourquoi toutes les Églises (catholique, protestante et orthodoxe) qui affirment enseigner et suivre ce livre se servent-elles de la croix pour orner leurs édifices et en font-elles un symbole de leur foi ? Comment la croix a-t-elle acquis une telle popularité ?
La croix est vénérée par des fidèles qui disent suivre la Bible, mais elle l’a aussi été par des peuples qui ne la suivaient pas et dont le culte est bien antérieur à celui des Églises “ chrétiennes ”. Nombre d’ouvrages religieux reconnaissent que l’utilisation de croix, de formes et de styles variés, remonte à des époques lointaines de la civilisation humaine. Par exemple, les hiéroglyphes et les représentations des dieux et déesses de l’Égypte antique contiennent souvent une croix en forme de T, surmontée d’un anneau ou d’une anse : la croix ansée, symbole de vie. Cette forme de croix a fini par être adoptée et largement utilisée, notamment par l’Église copte.
Selon une encyclopédie, “ il semble que la forme primitive de la croix ait été celle de la croix dite ‘ gammée ’ (crux gammata), mieux connue des orientalistes et des étudiants en archéologie préhistorique sous son nom sanskrit : svastika ”. (The Catholic Encyclopedia.) Ce signe était très employé par les hindous de l’Inde et par les bouddhistes de toute l’Asie ; on le trouve encore dans ces régions sur des décorations et des ornements.
On ne sait pas exactement quand la croix a été adoptée comme symbole “ chrétien ”. William Vine explique : “ Vers le milieu du IIIe siècle ap. J.-C., ou bien les Églises s’étaient écartées de certaines doctrines de la foi chrétienne, ou bien elles les avaient travesties. Pour accroître le prestige du système ecclésiastique apostat, les Églises admettaient en leur sein les païens, sans qu’ils eussent été régénérés par la foi, et leur permettaient de conserver, en grande partie, leurs signes et symboles païens ”, dont la croix. — Expository Dictionary of New Testament Words.
Certains auteurs font référence à la vision que Constantin, adorateur du dieu-soleil, a dit avoir eue en 312 de notre ère, lors d’une campagne militaire : une croix devant le soleil, ainsi que la devise latine “ in hoc signo vinces ” (par ce signe tu vaincras). Plus tard, un signe “ chrétien ” a été inscrit sur les étendards, les boucliers et l’armure de son armée (représentation ci-contre). Constantin se serait ensuite converti au christianisme, bien que baptisé seulement 25 ans après, sur son lit de mort. Certains ont mis en doute son mobile. “ Son attitude donnait l’impression non qu’il s’était converti aux enseignements de Jésus le Nazaréen, mais qu’il convertissait le christianisme en une doctrine qu’il pensait faire plus facilement accepter par ses sujets comme une religion catholique [universelle] ”, déclare le livre The Non-Christian Cross.
Depuis, des croix de formes et de styles divers ont vu le jour. Un dictionnaire nous apprend que la croix dite de Saint-Antoine “ avait la forme d’un T majuscule, forme que certains croient dérivée du symbole du dieu [babylonien] Tammouz, la lettre tau ”. Citons aussi la croix de Saint-André, en forme de X, et la fameuse croix dont la traverse est abaissée. Celle-ci, appelée croix latine, est, à tort, “ considérée traditionnellement comme la croix sur laquelle notre Seigneur est mort ”. — The Illustrated Bible Dictionary.
Ce que croyaient les chrétiens du Ier siècle
La Bible montre qu’au Ier siècle de nombreux auditeurs de Jésus sont devenus croyants et ont accepté la valeur rédemptrice de sa mort sacrificielle. Après que Paul a prêché aux Juifs de Corinthe, prouvant que Jésus était le Christ, “ Crispus le président de la synagogue devint croyant au Seigneur, ainsi que toute sa maisonnée. Et beaucoup parmi les Corinthiens qui entendaient se mirent à croire et furent baptisés ”. (Actes 18:5-8.) Paul a enjoint à ses compagnons chrétiens non d’introduire des images ou des symboles religieux dans leur culte, mais de “ fu[ir] l’idolâtrie ” et toute autre pratique issue du culte païen. — 1 Corinthiens 10:14.
Les historiens et les chercheurs n’ont pas trouvé de preuves attestant l’utilisation de la croix chez les premiers chrétiens. Fait intéressant, un ouvrage sur l’histoire de la croix cite cette réflexion d’un auteur de la fin du XVIIe siècle : “ Peut-il être agréable au saint Jésus de voir Ses disciples se glorifier dans l’image de cet instrument [supposé] de sa peine capitale, sur lequel Il a patiemment et innocemment souffert, méprisant la honte ? ” (History of the Cross). Que répondriez-vous ?
Le culte que Dieu agrée ne requiert pas d’objets ni d’images. “ Quel accord le temple de Dieu a-t-il avec les idoles ? ” a demandé Paul (2 Corinthiens 6:14-16). Nulle part les Écritures ne donnent à penser que le culte chrétien devrait comprendre l’emploi de quelque chose de semblable à l’instrument ayant servi au supplice de Jésus. — Cf. Matthieu 15:3 ; Marc 7:13.
Quel est donc le signe distinctif des vrais chrétiens ? Non pas la croix ni aucun autre symbole, mais l’amour. Jésus a dit à ses disciples : “ Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez les uns les autres. Par là tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous. ” — Jean 13:34, 35.
[Notes]
A. Westphal, Valence-sur-Rhône, 1973, tome premier, p. 257.
Dir. N. des Vergers, L. Renier et M. Carteron, Paris, éd. Firmin Didot Frères, 1856, tome deuxième, col. 264.
F. Vigouroux, Paris, 1926, tome deuxième, col. 1127-1128.
[Entrefilet, page 19]
Ce que les rédacteurs des Évangiles ont mentionné n’avait rien à voir avec ce qu’on appelle aujourd’hui une croix.
[Illustration, page 18]
Dessin d’une exécution sur un stauros, tiré de “ De Cruce ”, par Lipse (XVIIe siècle).
[Illustration, page 19]
Peinture murale égyptienne (vers le XIVe siècle av. n. è.) avec la croix ansée, symbole de vie.
[Indication d’origine]
© DeA Picture Library / Art Resource, NY
[Illustration, page 19]
Croix gammée sur le temple hindou de Laxmi Narayan.
[Crédit photographique, page 20]
Tiré du livre The Cross in Tradition, History, and Art (1897)
Je ne vise personne en particulier

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Ma plume est à la fois Douce et Amère ;
Elle rend la pensée légère
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Trime à exposer sa splendeur.

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